Archives par étiquette : Réflexions en vrac sur notre XXIe siècle

La créativité, c’est l’intelligence [pas artificielle] qui s’amuse

Submergée de publications qui se ressemblent toutes, d’affiches remplies de petits cœurs, de polices identiques, l’encéphalogramme des humains connectés aux réseaux me semble aussi plat qu’une mer d’huile en pleine canicule. 

Plus je scrolle, plus je déprime : de l’IA partout ! C’est formidable, tout va plus vite ! Ça rédige mieux, ça fait de plus belles images (euh…on en discute ?!), ça analyse plus rapidement, ça extrait des données à une vitesse éclair. Je scrolle un monde de robots, et plus je scrolle, plus je suis en colère. 

Je n’aime pas être en colère. Alors je fais la grève des internets. Je regarde mes chevaux, je réfléchis à l’amélioration de mon lieu, je ris avec mes équipes, on ajuste, on communique, on vit. Du présent, de l’imparfait : on tente au mieux de bricoler des solutions face à la menace du changement climatique, de la crise, des dépressions qui grondent. 

Je suis d’accord, Lia et Claude sont d’incroyables assistants administratifs : j’ai testé et comme tout le monde, j’ai trouvé ça pratique. Puis je me suis faite envahir mon paysage d’images moches, toutes similaires, grossières, uniformes. Je lis des tas de textes “parfaits” qui paraissent à l’ameublement Louis XV ce que sont les meubles Ikea : des alignements géométriques, pratiques, uniformes, des phrases sans poésie, sans fond, sans richesse. Des rimes pauvres, des formulations validées par le Bled, des menus Mc Do sans piment. Heureusement, Apollinaire, Hugo et leurs confrères sont morts, ça les auraient tués.  

Alors j’ai fermé les écrans, je suis partie en vacances à vélo. J’ai ressenti une furieuse envie de réfléchir, de me casser la tête, de trouver des solutions ingénieuses, de mettre mon cerveau au service d’une cause et de réaliser que j’avais envie de faire l’effort, de tester, de me planter (car plus je me plante, plus je pousse ! Askip) de trouver par moi-même. J’ai eu envie de challenger mon encéphalogramme et de secouer mes neurones, j’ai eu envie de ne m’entourer que de mes proches imparfaits, qui parfois répondent de travers, ont des sautes d’humeur, ressentent des émotions souvent contradictoires, réfléchissent, s’excusent, affirment, discutent, dorment mal et songent mieux, cherchent des solutions et parfois, refusent de travailler “à la meilleure version d’eux-mêmes” et acceptent d’être ce qu’ils sont : présents et imparfaits.  

Je suis revenue de vacances et j’ai eu envie de l’affirmer encore plus fort : mon kif, ma vie, c’est l’humain, sa complexité, ses travers, ses chemins alambiqués, ses jeux de mots tirés par les cheveux, ses expressions surannées, sa vivacité d’esprit, sa façon de transformer des menaces en opportunités, ses faiblesses en forces, de s’arranger de petits mensonges, d’être plein d’aspérités et d’arrangements avec la réalité. 

Alors je vais essayer de reprendre l’écriture : ce sera imparfait, mais je m’en fiche, lira qui en a envie. Je vais reprendre les petites vidéos en inventant des voix aux animaux, ce sera de la fiction, de l’interprétation, très loin d’une quelconque rigueur scientifique. Je vais continuer à faire tous mes visuels en quelques heures, tant pis pour l’efficacité, mais au moins j’aurai aimé ce temps passé à créer. Je vais continuer à avoir une ligne éditoriale floue, incongrue, sans planning de publication, sans lien avec quoique ce soit. Je vais encore vous bassiner de chevaux, de développement durable, de sketchs du Montreux, de modèle économique, d’histoire du Proche-Orient, de romans, d’idées bricolage, de management, de destination voyages en itinérance, de mes arbres préférés et de mes réflexions sans queues ni tête, en passant du coq à l’âne et du val à l’eau. Je vais ajouter des liens absurdes, je ne ferai relire que par Maman, on oubliera de coquilles. Ce sera imparfait, présent et complètement moi. 

Bienvenue sur AlDakaTeuc : ça commence aujourd’hui !

Fin de séance avec Lolaïl Pesquet, nouvelle recrue des Chevaux de Brocéliande